Pourquoi et comment s’engager dans la démarche de certification de son offre de formation ?

 

Anne-Malouine CORBINAnne-Malouine CORBIN, dirigeante d’AMC RESSOURCES (https://www.facebook.com/amcressources/) :

Après 10 ans d’intervention en cabinet de conseil en management des équipes, j’ai créé AMC Ressources en 2006, un Organisme de Formation spécialisé en communication inter personnelle.

Traditionnellement, nos modules de communication de vie en famille étaient suivis par des mères au foyer, des mamans “à 100 %” et des femmes amenées à évoluer dans un contexte d’horaires décalés (professionnelles de santé).

Nous proposons aujourd’hui une méthode et des outils  très concrets pour mieux vivre et agir sur son quotidien en famille et en entreprise.

Les parcours de conciliation “Vie privée – Vie professionnelle” sont des formations de 2 à 6 jours très personnalisées en termes de rythme, de techniques utilisées et de durée. Tout est adapté au contexte personnel (couple, célibat, enfants, …) et professionnel (salariat, entrepreneuriat, …) de chaque apprenant et de ses objectifs. Les sessions se déroulent en petits groupes (maximum 8 personnes).

En moyenne nous comptons chaque année 300 participants à nos formations en France et en Belgique, et une partie d’entre eux nous renouvelle leur confiance depuis plusieurs années.

En juillet 2016, nous avons donc franchi un cap décisif :

la certification de compétences d’AMC Ressources “Développement de la performance au travail par la conciliation des vies professionnelles et privées” a été officiellement enregistrée par la CNCP (Commission Nationale des Certifications Professionnelles).

Quels enjeux aviez-vous identifiés avant de vous engager dans cette démarche ?

Il s’agit de développement personnel : une part non négligeable de salariés ne souhaite pas forcément divulguer ce besoin sur son lieu de travail.  Et pour un budget strictement familial, s’offrir ce type de formation à titre privé sans prise en charge de type CPF présente des difficultés.

Notre offre “b to b” sur le thème transversal de conciliation avec la vie professionnelle s’est naturellement développée mais à son rythme : il n’est pas toujours facile de démontrer à un employeur que ses salariés utiliseront mieux leurs compétences en entreprise s’ils sont en mesure de gérer leur vie privée de façon satisfaisante.  Même si nous fournissons des outils qui améliorent le travail collaboratif et la vie d’équipe en entreprise.

La notion de prise en charge par les OPCA ou par le plan de formation de l’entreprise prenait déjà de l’importance et la Réforme de 2014  l’a rendue incontournable.

Quelle solution avez-vous choisie pour être en phase avec la réforme ?

Au moment de la réforme de 2014, Valérie REGIS (consultante membre de Compétence Certification) a animé plusieurs conférences gratuites sur le sujet. Cette vulgarisation sur les mécanismes règlementaires et le fait de pouvoir comprendre en quoi ils nous concernent était indispensable. Toutes les solutions ne sont pas équivalentes pour chaque profil et son contexte. Chacun doit travailler sa stratégie.

Je connaissais Valérie depuis la création d’AMC : j’avais suivi l’une de ses formations afin de mieux maîtriser le fonctionnement des dispositifs de prise en charge par les OPCA.  Devenue membre du Réseau Faubourg, je suis restée en contact avec elle.

J’avais déjà apprécié sa structure de pensée et son organisation : elle fait preuve d’une grande écoute et d’une capacité à l’empathie qui aboutissent à un résultat pragmatique et opérationnel. C’est une sorte de maïeutique en somme.

J’ai de nouveau expérimenté ce relationnel mais de façon beaucoup plus approfondie pour la certification.

Quels avantages spécifiques de votre collaboration citeriez-vous en premier ?

J’ai d’abord suivi une phase d’accompagnement en groupe qui est intéressante car on élargit rapidement  son appréhension du sujet : les autres soulèvent des questions auxquelles on ne pense pas toujours et réciproquement.

Puis, j’ai bénéficié d’un accompagnement personnalisé d’une rigueur et d’une efficacité très professionnelles. Cela vient sans doute de son côté ingénieur ! Et elle suit le dossier jusqu’au bout : on n’est jamais seul.

Pourriez-vous recommander ce type de prestation ?  

Avec Valérie REGIS, oui et je l’ai déjà fait ! Avec le recul, j’estime que cet accompagnement était indispensable : j’aurais certainement fait quelque chose d'”intéressant” au niveau du contenu mais je suis persuadée que notre dossier aurait été retoqué sur la forme.

Il ne s’agit pas de changer le contenu ou de le travestir. Dans la formation, on est naturellement familier des notions de compétences et d’apport professionnel mais là on se confronte à une logique quasi juridique qui ne dit pas son nom : ça va beaucoup plus loin.

En quelque sorte, Valérie nous a permis de mettre en musique notre activité de façon à la rendre ‘’audible” sur la partition de la CNCP.

C’est pareil pour le DataDock : chacun élabore les procédures ou documents nécessaires mais ils sont souvent moins précis et formalisés que ce qui est exigé. Finalement, comme beaucoup d’OF, on travaille sérieusement mais on ne mesure pas toujours à quel point cette profession est réglementée.

Au regard des bénéfices attendus, cet investissement vous paraît-il justifié ?

Oui, pour plusieurs raisons. Après m’être investie et avoir effectué cette démarche de recensement d’une certification à l’Inventaire de la CNCP, je suis réellement contente de l’avoir menée à terme.

Il ne s’agit pas que de la professionnalisation des stagiaires mais aussi de celle de l’organisme de formation. Ça participe un peu aux mêmes objectifs que les démarches qualité ou le DataDock : c’est l’opportunité de prouver que notre travail ne se fait pas au “petit bonheur la chance” ! Finalement c’est une montée en compétence de l’OF et de ses clients. C’est une professionnalisation de l’ensemble.

En outre, nous mettions déjà en avant l’intérêt professionnalisant de nos formations : on délivrait des attestations de suivi de stage bien sûr, notamment à des femmes qui sortaient d’un congé parental ou dans le cadre d’un projet de reconversion.

C’était déjà ressenti comme un atout d’après nos stagiaires : après des entretiens de recrutement par exemple. C’est désormais une reconnaissance officielle.

La certification reconnue par la CNCP et donc par la règlementation, concrétise  la notion d’acquisition de compétence et l’amplifie. C’est notamment vrai pour les femmes qui reprennent une activité professionnelle : c’est à la fois rassurant pour elles et pour l’employeur.

Enfin, et ce n’est pas négligeable, l’acceptation de notre dossier et notre éligibilité au CPF est relativement récente mais j’ai déjà reçu plusieurs appels qui concernent directement le fait de proposer une certification.

Je citerais par exemple, une direction RH qui songe à l’intégrer dans une période de professionnalisation ou un cabinet intéressé par un partenariat pour la dispenser. Je dois encore optimiser ma communication commerciale mais nous avons manifestement déjà gagné en visibilité.

Au-delà de l’aspect de mise en conformité réglementaire, quels bénéfices pensez-vous retirer de cette démarche ?

Ce pensum qui nous oblige en tant qu’OF à formuler précisément, surtout en termes de compétences, la nature de ce que nous dispensons depuis des années, pousse à se poser d’excellentes questions et se recentrer sur le fond de notre activité.

Toutes proportions gardées, c’est comparable au fait de traduire un CV chronologique en CV de compétences ; ou de passer une VAE : on sait à quel point c’est malaisé mais indispensable.

Aujourd’hui, notre plus-value qualitative est clairement définie en interne et identifiable par nos interlocuteurs. Les stagiaires sont d’autant plus motivés : leur potentiel d’évolution a gagné en visibilité.

Depuis toujours, nos formations se caractérisent par la continuité de l’accompagnement et l’exigence nécessaire à mettre en œuvre : constat, partage, formation, action… C’est pour cela que ça marche et que nous en sommes fiers !

AMC a toujours revendiqué cette ambition de qualité et de sérieux mais ce n’était pas facile à communiquer sur un marché “b to b” plutôt concurrentiel : être détenteur d’une certification facilite considérablement cet aspect des choses.

Le message devient plus qualitatif et légitime aux yeux des professionnels (DRH, Responsables de Formation) qui ont d’ailleurs leur propre cadre réglementaire à respecter. Au bout du compte, tout le monde apprend à parler le même langage.

C’est donc pour nous une réussite sur tous les plans : la reconnaissance de notre qualité par la validation de la CNCP et la valorisation dont peuvent se prévaloir nos stagiaires. Surtout pour ceux qui avaient peu de formation initiale à leur actif.

Nous avons l’impression d’avoir été légitimés dans nos valeurs et notre positionnement.

Pour finir, quel est votre ressenti sur cette expérience ?

Au départ, beaucoup d’agacement et même de colère ! On sait bien que ce que l’on fait “tient la route”, qu’on ne “triche” pas sur la qualité du contenu même si la mise en forme reste perfectible.

C’est clairement une corvée supplémentaire qu’on nous inflige. Ça demande beaucoup d’énergie et beaucoup de temps alors qu’on a bien d’autres sujets auxquels se consacrer ! On n’a vraiment pas envie d’y aller !

Il a donc fallu passer par cette phase d’acceptation, établir que c’était incontournable et enfin décider de budgéter un accompagnement pour en tirer le meilleur parti. J’avais aussi la chance de connaître le bon prestataire.

J’en profite pour souligner qu’il ne s’agit pas d’externalisation : on aurait pu s’imaginer fournir les infos et attendre le résultat en passant à autre chose mais ce n’est pas du tout ça !

Tout l’intérêt consiste justement à s’approprier l’esprit de la démarche et effectuer ce travail de reformulation.

Me faire accompagner étape par étape ? C’est l’avantage d’avoir eu à mes côtés une expertise extérieure qui m’a stimulée et incitée à structurer au maximum les réponses aux questions fondamentales. Sans parler des outils et modèles documentaires nécessaires à une formalisation professionnelle.

Franchement, c’est parfois très frustrant pour un “cerveau droit” mais aussi très valorisant. Et on y gagne un temps précieux ! Globalement, c’est réellement satisfaisant.

 

Témoignage mai 2017 | Enregistrement d’une certification professionnelle à l’Inventaire de la CNCP.

L’équipe 

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