« L’ambition affichée pour un positionnement et un développement de la Formation Continue à l’Université (FCU) dans le champ concurrentiel nécessite des approches rénovées tant en matière de démarche stratégique, de pilotage opérationnel ou encore de modèle organisationnel. » Manifeste pour une Université ambitieuse sur les nouveaux marchés de la formation professionnelle | FCU – décembre 2018.

“Professionnaliser ses pratiques via l’Université”

Pour aborder cette question, nous avons la chance de bénéficier du point de vue privilégié de l’Université Paris-Est Créteil (UPEC) qui contribue activement depuis plusieurs années à ce nouveau positionnement du monde universitaire.

L’UPEC développe en effet une offre de formation continue qui s’adapte aux besoins des publics adultes et des partenaires socio-économiques. Elle a été sélectionnée comme établissement pilote pour développer la formation continue en 2016 et accueille actuellement près de 7500 stagiaires adultes par an.

Longtemps centrée sur la reprise d’études, l’offre universitaire en matière de formation professionnelle a considérablement évolué ces dernières années. Désormais, elle concurrence avantageusement celles d’acteurs traditionnellement plus proches du monde de l’entreprise.

Dans ce premier volet d’une série de trois épisodes, nous vous proposons de découvrir un métier emblématique de cette thématique : Ingénieur de la Formation au sein du Service Formation Continue à l’Université.


Christelle ROVERA | Ingénieur de la Formation à l’Université

Le parcours de Christelle s’inscrit résolument dans le contexte de la Formation professionnelle et des Ressources Humaines : formatrice et coordinatrice pédagogique dans les secteurs privé et public, puis consultante en accompagnement des transitions professionnelles, elle a en outre obtenu via la formation continue un Master en ingénierie pédagogique spécialisé en didactique des langues et environnements informatiques.

Christelle a rejoint l’UPEC en 2016 pour mettre en œuvre des projets de formation dans les nombreux domaines couverts par l’université. Son crédo ? L’amélioration continue !

Ingénieur de la Formation : en quoi consiste votre métier ?

En deux mots, il s’agit de concevoir l’architecture d’une formation en partant d’un projet élaboré entre l’université, les financeurs et les partenaires du monde du travail pour répondre à leurs besoins en compétences.

Cela impose de travailler constamment à plusieurs niveaux : les besoins et objectifs professionnels, les ressources à mettre en œuvre, les politiques publiques, l’ingénierie pédagogique et les modalités d’apprentissage … C’est passionnant !

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Ce qui me plaît le plus, c’est de pouvoir être un appui, d’apporter une aide et de soutenir différents interlocuteurs tout en étant chef d’orchestre du projet.

L’ingénieur de formation est en effet à l’interface entre les différents acteurs du projet : enseignants, chargés de formation continue, acteurs de la communication et commerciaux pour les partenaires « internes », entreprises, financeurs et acteurs socio-économiques concernés pour les partenaires « externes ».

Comme chaque projet est différent, je ne fais jamais la même chose, j’en apprends toujours un peu plus et c’est très stimulant !

Des exemples récents ?

Nous avons récemment adapté une Licence Professionnelle « Banque, finance, assurance » à distance, pour les salariés de grands groupes bancaires.

Nous venons aussi de construire le « Diplôme Universitaire Enjeux de communication en santé » avec des organisations professionnelles de la communication et de la santé.

Mais il y en a beaucoup d’autres ! (lien vers le catalogue)

Quels défis rencontrez-vous au quotidien ?

Identifier le ou les enseignants dont les thématiques de recherche et/ou d’expertise sont en adéquation avec la commande de l’organisation est toujours complexe.

D’autant plus que nos enseignants-chercheurs étant très investis dans leurs activités, tout projet supplémentaire est un défi qu’on ne prend pas à la légère. Nous trouvons les solutions ensemble.

Quelles capacités doit-on solliciter pour ce poste ?

Celles que je pourrais citer sont les suivantes : apprendre, observer, écouter ses interlocuteurs pour réellement identifier leurs besoins ; s’intéresser, être curieux, faire le lien entre les différents éléments d’information, et bien sûr, travailler constamment à faire collaborer l’ensemble des parties prenantes dans l’élaboration des projets.

« Professionnaliser ses pratiques », qu’est-ce que cela vous inspire ?

Cela me fait immédiatement penser au « praticien réflexif » tel que défini par Schön (1994) : on doit observer ses propres pratiques, les analyser puis les remettre en question.

C’est indispensable pour rester en phase avec son activité et sa réalité professionnelle. Professionnaliser ses pratiques implique d’être prêt à changer et l’erreur a toute sa place dans cette démarche.

A la façon d’un portrait chinois : si vous étiez une formation de votre établissement ?

UPEC_université-paris-est-créteil_paris-12Si j’étais une formation de mon établissement, je serais sans aucun doute le Master 2 “Pratiques et Ingénierie de la Formation” ! Il propose une démarche réflexive intéressante pour tout professionnel de la formation, du conseil, de l’orientation ou du social …

Son approche « terrain-formation-recherche » est originale et permet de faire le point sur l’ensemble des compétences, problématiques et enjeux des métiers qui comportent des activités d’ingénierie de formation.

Le besoin de « Professionnaliser ses pratiques » est-il accentué par le contexte des réformes ?

Oui, par exemple, la nécessité pour les Organismes de Formation d’inscrire leurs parcours de formation dans les répertoires des certifications professionnelles (RNCP et Répertoire Spécifique) implique la construction de référentiels de compétences : ça ne coule pas de source !

Sans tomber dans des raccourcis simplistes, il semble certain que les réformes successives incitent le monde de la formation à se professionnaliser toujours plus et à tous les niveaux.

Merci pour votre témoignage Christelle !

 

Lors de l’épisode suivant de “Professionnaliser ses pratiques via l’Université”, nous illustrerons cette thématique par un focus sur la genèse et l’ingénierie de ce Master 2 qui intéressera à plusieurs titres les professionnels de la formation.

Accessible par la validation des acquis professionnels et personnels (VAPP), il permet en outre à des personnes occupant ou ayant occupé des postes en lien avec la formation d’entrer directement en Master 2.

Merci pour vos retours, commentaires ou questions éventuelles, nous nous empresserons de les transmettre et d’y répondre avec plaisir !

L’équipe Consultant DataDock accompagnement pro réglementation formation